ROLE DE PRINCIPES SPIRITUELS
L'omniscient
Médecin tient sous son doigt le pouls de l'humanité. Il
diagnostique la maladie et, en son infaillible sagesse, il prescrit le
remède. Tout âge a son problème propre, toute
âme son aspiration particulière. Le remède qui
convient aux afflictions du présent jour ne saurait être
celui que réclameront les maux d'un âge ultérieur.
Enquérez-vous soigneusement des besoins de l'âge où
vous vivez et que toutes vos délibérations portent sur ce
que cet âge exige et requiert.
(Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, MEB, 106, p. 140)
Chaque
problème social peut être résolu à l'aide de
principes spirituels ou de ce que certains appellent des valeurs
humaines. De manière générale, tout groupe
bien intentionné peut trouver des solutions pratiques à
ses problèmes, mais bonnes intentions et connaissances pratiques
ne suffisent généralement pas. Le mérite
essentiel du principe spirituel consiste non seulement à
présenter une perspective concordant avec
l'élément immanent de la nature humaine, mais aussi
à stimuler une attitude, une dynamique, une volonté, une
aspiration qui permettent la découverte et la mise en oeuvre de
mesures pratiques.
(Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale, p. 16.)
L'ENVIRONNEMENT
LES ORIGINES DE L'UNIVERS
... ce monde,
c'est-à-dire cet univers infini, n'a pas eu de commencement....
...il se peut qu'une des parties des contingences, une des
planètes par exemple, soit nouvellement venue au monde ou doive
prochainement être annihilée; mais les autres
planètes infinies existent. L'univers ne disparaîtra pas,
ne s'éteindra pas : au contraire, la vie est éternelle et
perpétuelle.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, p. 186)
Ce
qui a existé avait déjà existé auparavant,
mais pas sous la forme que tu vois aujourd'hui. Le monde de l'existence
fut appelé à la vie par la chaleur engendrée par
l'interaction entre la force active et ce qui est son récepteur.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 149)
Donc
il est évident qu'à l'origine la matière est une,
et qu'elle est arrivée à une forme spéciale dans
chaque élément. Ainsi ont été produites les
formes variées; une fois produites, chacune s'est trouvée
permanente, et les éléments ont été
spécialisés; mais cette confirmation ne faut
définitive, n'arriva à la réalisation et à
l'existence parfaite qu'après un très long temps. Alors
ces éléments se combinèrent, s'arrangèrent,
se mélangèrent dans des formes infinies, ou plutôt,
de la combinaison et du mélange de ces éléments,
des existences apparurent à l'infini.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, p. 187)
De
la même façon, il est évident que ce globe
terrestre, ayant pris naissance dans le sein de l'univers, s'y
étant développé et étant parvenu à
des formes et à des conditions variées, est arrivé
par degrés à l'état de perfection actuelle, qu'il
a été orné de créatures innombrables, et
qu'il a ainsi resplendi dans son établissement définitif.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, p. 188)
LA NATURE
La nature est la volonté de Dieu, elle est son expression dans et à travers le monde contingent. (Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 148)
Cette
Nature est soumise à une organisation absolue, à des lois
déterminées, à un ordre complet, et à un
plan achevé dont elle ne s'écarte jamais. A tel point
que, pour qui examine d'un regard minutieux et d'un oeil
acéré, depuis le plus petit atome existant jusqu'aux plus
grands corps de l'univers, comme le globe solaire ou les autres astres
et corps lumineux, tout, soit au point de vue de l'arrangement ou de la
composition, soit sous le rapport de la forme ou du mouvement, est
absolument organisé; et tout est sous l'empire d'une loi
universelle, dont il n'y a pas moyen de s'écarter.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 1, p.11)
Par
nature, on entend ces propriétés inhérentes des
choses et ces relations nécessaires qui découlent de la
réalité des choses. Ces réalités
quoiqu'infiniment diverses sont toutefois intimement reliées
entre elles.
('Abdu'l-Bahá, Lettre d'Abdu'l-Bahá au professeur Auguste Forel, Bruxelles, MEB, 3e éd., 1974, p.13)
L'ÉVOLUTION
...de même
que l'homme, dans le sein de sa mère, a passé d'une forme
à une autre, d'un état à un autre, a changé
et évolué, et néanmoins, depuis le commencement de
la période embryonnaire, a toujours appartenu à
l'espèce humaine, de même, l'homme, depuis le commencement
de l'existence dans le sein du monde, a appartenu à
l'espèce supérieure, l'humanité, et il a
passé peu à peu d'un état à un autre.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 49, p. 200)
De
même, la croissance et le développement de tous les
êtres se font par degrés; c'est la règle
générale de Dieu et l'ordre de la nature.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 51, p. 205)
Toutes
les créatures, grandes ou petites, ont été
créées, dès le début, complètes et
parfaites; seulement les perfections apparaissent en elles peu à
peu. La loi de Dieu est une, l'évolution de l'existence est une,
l'ordre divin est un; les êtres, faibles ou forts, sont soumis
à une loi et à un ordre uniques.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 51, p. 205)
...tous
ces êtres innombrables qui peuplent le monde, l'homme, l'animal,
le végétal, le minéral, quels qu'ils soient, sont
chacun des composés d'éléments; et il n'y a pas de
doute que cette perfection de tous les êtres provient de ce que
Dieu les a créés par une combinaison
d'éléments mélangés en proportions
déterminées, de la nature de leur constitution ainsi que
de l'interaction des autres êtres. Par conséquent, tous
les êtres sont liés les uns aux autres comme les anneaux
d'une chaîne; et cette assistance, cette influence
réciproques sont de l'essence des choses : elles produisent
l'existence, la croissance et le développement des
créatures.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, chpt. 46, p. 184)
L'APPROCHE BAHÁ'ÍE ENVERS LA NATURE
Etant
donné que l'homme a été créé pour
être le maître de la nature, quelle folie de sa part d'en
devenir l'esclave ! Quel aveuglement et quelle stupidité
d'honorer et d'adorer la nature quand Dieu, dans sa bonté, nous
en a fait les maîtres.
('Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 3e ed., p. 104)
Si...
tu considères l'intime essence de toutes choses, et
l'individualité de chacune en particulier, tu contempleras les
signes de la miséricorde de ton Seigneur dans chaque chose
créée, et tu verras les rayons diffus de ses noms et
attributs à travers le monde de l'existence.... Tu observeras
alors que l'univers est comme un manuscrit dont les intimes secrets,
conservés dans la tablette bien gardée, sont mis au jour.
Il n'est pas un atome parmi tous les atomes existants, pas une
créature parmi les créatures, qui ne
célèbre ses louanges, ne déclame ses attributs et
ses noms, ne révèle la gloire de sa puissance et ne
s'oriente vers son unicité et sa miséricorde....
Chaque fois que
tu contempleras la création tout entière et en observeras
chaque atome, tu constateras que les rayons du Soleil de
Vérité illuminent toutes choses et brillent à
l'intérieur de chacune d'elles, célébrant les
splendeurs de cette Etoile du matin, ses mystères et le
rayonnement de ses lumières. Regarde les arbres, les fleurs et
les fruits, et même les pierres. Là aussi, tu contempleras
les rayons du soleil, clairement visibles en toutes ces choses, et
qu'elles manifestent.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 19, p. 40-41)
Nous
ne pouvons séparer le coeur humain de l'environnement
extérieur, et déclarer qu'une fois l'un des
éléments corrigés, tout s'améliorera.
L'homme fait partie du monde. Sa vie intérieure modifie
l'environnement et est à son tour profondément
affectée par celui-ci. Leur action est interdépendante et
tout changement permanent dans la vie d'un homme résulte de ces
réactions mutuelles.
(Le secrétaire de Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 17 février 1933 à un croyant)
Considérez
le monde des créatures: quelle diversité et quelles
variétés dans leurs espèces, bien qu'elles aient
une même origine. Toutes les différences visibles sont
celles des formes extérieures et des couleurs. Cette
diversité dans les types se retrouve partout dans la nature.
Regardez... la beauté dans la diversité et l'harmonie, et
tirons une leçon du monde végétal. Si vous
regardez un jardin dont toutes les plantes présentent la
même forme, la même couleur et le même parfum, loin
de vous sembler beau, il vous paraîtra plutôt triste et
monotone. Le jardin qui réjouit les yeux et le coeur est celui
où poussent côte à côte des fleurs de toutes
couleurs, de toutes formes et de tous parfums. C'est cet heureux
contraste de couleurs qui en fait le charme et la beauté. Il en
est de même pour les arbres. Un verger rempli d'arbres fruitiers
est un lieu de délices, de même qu'une plantation
d'arbustes de toutes sortes. C'est précisément la
diversité et la variété qui en font l'attrait:
chaque fleur, chaque arbre, chaque fruit, outre sa beauté
particulière, fait ressortir les qualités des autres et
souligne la grâce spéciale de chacun et de tous.
('Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 3e ed., p. 45-46)
En
résumé, ce n'est pas seulement leurs semblables que les
bien-aimés de Dieu doivent traiter avec miséricorde et
compassion; leur bienveillance doit se manifester à
l'égard de chaque créature vivante.... Les sentiments
sont identiques - que vous infligiez une douleur à un homme ou
à une bête....
Formez vos
enfants, dès le plus jeune âge, à se montrer
tendres et aimants envers les animaux. Si un animal tombe malade, que
les enfants s'efforcent de le guérir; s'il a faim, qu'ils lui
donnent à manger; s'il a soif, qu'ils le
désaltèrent et, s'il est épuisé, qu'ils
veillent à lui procurer du repos.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 138, p. 158)
Si ce n'est pas nécessaire,
Ne blesse pas le serpent dans la poussière
Et, pire encore, ne blesse pas un homme.
Si tu le peux,
N'effraie pas la fourmi;
Surtout, ne frappe pas ton frère.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 206, p. 254)
La campagne est le monde de l'âme, la ville est le monde des corps.
(Bahá'u'lláh, dans J.E. Esslemont, Bahá'u'lláh et l'Ère Nouvelle, p. 47)
PRINCIPES ÉCOLOGIQUES
...la
coopération et la réciprocité sont des
propriétés essentielles inhérentes au
système unifié du monde de l'existence et sans lesquelles
la création tout entière serait réduite au
néant.
('Abdu'l-Bahá, in Compilation on Huququ'lláh, p. 14-15; Compilation on Social and Economic Development, p. 12)
Dans
le monde physique de la création, toutes les choses mangent et
sont mangées à la fois : la plante s'abreuve au
minéral, l'animal consomme la plante l'homme se nourrit de
l'animal et le minéral dévore le corps humain. Les corps
physiques sont transférés d'une barrière à
l'autre, d'une vie à une autre, et tout est soumis aux
altérations et aux transformations, tout sauf la Cause de
l'existence elle-même - car Il est constant et immuable, et c'est
sur Lui que se fonde l'existence de chaque espèce, de chaque
réalité contingente à travers la création
tout entière.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 137, p. 156)
LA DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE
Les
Écritures Bahá'íes décrivent la nature
comme le miroir du sacré. Elles enseignent que la nature doit
être valorisée et respectée, mais non pas
idolâtrée. Plutôt, elle doit soutenir les efforts de
l'humanité pour promouvoir une civilisation à
l'avancée perpétuelle. Toutefois, eu égard
à l'interdépendance de tous les segments de la nature, et
de l'importance de l'évolution et la diversité "dans la
beauté, l'efficacité, et la perfection du tout", aucun
effort ne doit être ménagé afin de conserver
à la terre sa bio-diversité et son ordre naturel.
En tant que
tributaires, ou régisseurs des vastes ressources et de la
diversité biologique de la planète, l'humanité
doit apprendre à exploiter les ressources naturelles de la
terre, qu'elles soient renouvelables ou non, d'une manière qui
en assure le caractère durable et équitable jusque dans
un avenir lointain. Cette régie exigera une connaissance pleine
et entière des conséquences écologiques possibles,
afférentes à toute activité humaine. Elle obligera
l'humanité à tempérer ses actions avec de la
modération et de l'humilité, se rendant compte que la
vraie valeur de la nature ne peut s'exprimer en termes
économiques. Elle exigera aussi une profonde
compréhension du monde naturel et de son rôle dans le
développement collectif de l'humanité - aussi bien
matériel que spirituel. Ainsi, l'exploitation d'un environnement
durable doit être considérée non pas comme une
responsabilité discrétionnaire, que l'humanité
peut peser contre d'autres intérêts en lice, mais
plutôt comme une obligation fondamentale qui doit être
assumée - une condition préalable au développement
spirituel ainsi qu'à la survie physique de
l'individu.
(Communauté Internationale Bahá'ie (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)
NON-DURABILITÉ DE L'ANCIEN ORDRE MONDIAL
Malheureusement,
un trop grand nombre de ces idéologies [créées par
l'homme]... ont eu tendance... à abandonner sans
pitié des millions d'affamés au libre jeu d'un
système de marché qui aggrave sans conteste la
misère de la majorité de la race humaine, tout en
permettant à d'infimes minorités de vivre dans une
aisance que nos ancêtres ne pouvaient même pas imaginer.
(La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)
Nous
sommes arrivés au stade où ceux qui prêchent les
dogmes du matérialisme, que ce soit de l'Est ou de l'Ouest, que
ce soit du capitalisme ou du socialisme, doivent rendre compte de la
direction spirituelle qu'ils ont prétendu exercer. Où est
le «nouveau monde» annonce par ces idéologies ?
Où est la paix internationale dont ils affirment promouvoir les
idéaux ? Oû sont les percées dans de nouveaux
domaines de réalisation culturelle produites par l'exaltation de
telle race, nation ou classe ? Pourquoi la vaste majorité des
peuples du monde s'enfonce-t-elle sans cesse plus profondément
dans la famine et la misère alors que les arbitres actuels des
affaires humaines disposent de richesses énormes que n'auraient
pu concevoir ni les pharaons, ni les empereurs romains, ni même
les puissances impérialistes du XIX siècle ?
(La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)
L'histoire
montre que les idéaux matérialistes n'ont pas su
répondre aux besoins de l'humanité et ceci devrait nous
amener à reconnaître en toute honnêteté que
de nouveaux efforts doivent maintenant être entrepris pour
résoudre les problèmes déchirants de la
planète.
(La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)
Si
des idéaux longuement caressés et des institutions dont
la réputation n'est plus à faire, si certaines
hypothèses sociales et certaines formules religieuses ont
cessé de promouvoir le bien-être de l'ensemble de
l'humanité, s'ils ne répondent plus aux besoins d'une
humanité en constante évolution alors, balayons-les et
reléguons-les là où vont les doctrines
désuètes et oubliées. Pourquoi, dans un monde
soumis aux lois immuables du changement et de l'usure, seraient-ils
à l'abri de la dégradation qui doit forcément
gagner toute institution humaine ? Car les normes juridiques, les
théories politiques et les doctrines économiques sont
uniquement destinées à protéger les
intérêts de l'humanité vue dans une perspective
globale et l'humanité n'a pas à être
sacrifiée pour préserver l'intégrité d'une
loi ou d'une doctrine particulière.
(Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, cité dans La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)
Le
dogmatisme matérialiste, après avoir
pénétré et maitrisé les centres de pouvoir
et d'information à l'échelle mondiale, fit en sorte
qu'aucune voix rivale ne puisse mettre en cause les projets de
l'exploitation économique mondiale.
(Communauté internationale baha'ie, Une seule et même Foi, p. 3)
PRINCIPES POUR UN NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE
Dans les cycles
précédents, l'harmonie fut établie; toutefois, les
moyens faisant défaut, l'unité de l'humanité tout
entière n'aurait pu être réalisée. Les
continents demeuraient fortement divisés et, même parmi
les peuples d'un seul et même continent, l'association et les
échanges d'idées étaient presque impossibles. En
conséquence, le dialogue, la compréhension et
l'unité entre tous les peuples et tribus de la terre ne
pouvaient se réaliser. De nos Jours, cependant, les moyens de
communication se sont multipliés et les cinq continents du globe
ont en fait été unifiés. Pour chacun d'entre nous
il est aisé désormais de voyager vers n'importe quelle
destination, de nous mêler aux autres peuples et
d'échanger des opinions avec eux, de se familiariser,
grâce à la lecture, avec les conditions de vie, les
croyances religieuses et la pensée de tous les hommes. De
même, tous les membres de la famille humaine - qu'il s'agisse de
peuples ou de gouvernements, de villes ou de villages- sont
toujours plus dépendants les uns des autres. L'autarcie n'est
plus possible pour quiconque, dans la mesure où des liens
politiques unissent tous les peuples et les nations et où les
relations commerciales, industrielles, agricoles et pédagogiques
s'intensifient jour après jour. L'unité de toute
l'humanité peut donc aujourd'hui être
réalisée.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 15, p. 31)
Au
nombre des enseignements de Bahá'u'lláh, nous trouvons
l'idée selon laquelle, bien que la civilisation
matérielle soit l'un des moyens concourant au progrès du
monde humain, tant qu'elle ne sera pas associée à la
civilisation divine, le résultat souhaité, à
savoir le bonheur de l'humanité, ne sera pas atteint.
Réfléchissez bien! ...toutes ces armes de guerre sont les
fruits pernicieux de la civilisation matérielle. Si celle - ci
avait été associée à la civilisation
divine, ces armes terrifiantes n'auraient jamais été
inventées. Bien au contraire, l'énergie humaine aurait
été entièrement consacrée à des
inventions utiles et se serait concentrée sur des
découvertes dignes de louange. La civilisation matérielle
est comme le verre d'une lampe. La civilisation divine est l'ampoule
elle-même: sans la lumière, le verre reste obscur. La
civilisation matérielle est comme le corps. Aussi gracieux,
élégant et beau qu'il puisse être, il est
inanimé. La civilisation divine est comme l'esprit; le corps
reçoit la vie de l'esprit, sans lequel il devient un cadavre.
Ainsi, il a été prouvé que le monde de
l'humanité a besoin des souffles de l'Esprit Saint. Sans
l'esprit, le monde de l'humanité est privé de vie et,
sans cette lumière, le monde de l'humanité est
plongé dans une obscurité totale, car le monde de la
nature est un monde animal. Tant que l'homme ne renaît pas du
monde de la nature, c'est-à-dire tant qu'il ne se détache
pas de ce monde, il est essentiellement un animal, et ce sont les
enseignements de Dieu qui transforment en une âme humaine cet
animal.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 302-303)
Au
centre de la tâche qui consiste à conceptualiser de
nouveau l'organisation des affaires humaines, se trouve la bonne
compréhension du rôle de l'économie. L'inaptitude
à resituer l'économie dans le contexte plus vaste de
l'existence sociale et spirituelle de l'humanité, a mené
à un matérialisme virulent dans les régions
économiquement les plus avantagées du monde, et à
la persistance de l'état de manque parmi la grande
majorité de peuples du monde. L'économie devrait servir
les besoins des peuples. Les sociétés ne devraient pas
avoir à se soumettre à des bouleversements afin de
s'adapter à des modèles économiques. La fonction
ultime des systèmes économiques devrait être
d'armer les peuples et les institutions du monde avec les moyens
susceptibles d'atteindre le vrai but du développement : en
d'autres termes, l'extension d'un potentiel sans limites, à
l'état latent dans la conscience humaine.
La
société doit mettre au point des modèles
économiques, issus des points de vues provenant d'une
compréhension compatissante d'une même expérience
partagée, celle qui considère les êtres humains les
uns par rapport aux autres, et de la reconnaissance du rôle
central que jouent la famille et la communauté dans le
bien-être social et spirituel. Un réexamen des
priorités doit avoir lieu au sein des institutions et des
organisations. Des ressources allouées à des agences ou
programmes ayant des effets néfastes sur l'individu, les
sociétés et l'environnement doivent être
redistribuées et dirigées vers ceux plus à
même de favoriser un ordre social dynamique, juste et
prospère. De tels systèmes économiques seront de
nature fortement altruiste et coopérative ; ils fourniront des
emplois utiles et aideront à l'éradication de la
pauvreté dans le monde.
(Communauté Internationale Bahá'ie (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)
JUSTICE
A mes yeux, ce
que j'aime par-dessus tout est la justice; ne t'en écarte pas si
c'est moi que tu désires, et ne la néglige pas afin que
je puisse me fier à toi. Par elle, tu pourras voir par tes
propres yeux et non par ceux des autres, et tu pourras comprendre par
ton propre savoir et non par celui du prochain.
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (arabe) 2, p. 9)
Au
nombre des enseignements de Bahá'u'lláh, on trouve encore
les notions de justice et de droit. Tant que ceux-ci ne seront pas
réalisés sur le plan de l'existence, toutes choses en ce
monde seront en désordre et demeureront imparfaites. Le monde
humain est un monde d'oppression et de cruauté, un royaume
d'agression et d'erreur.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 303)
La
justice est la seule force qui puisse transformer la conscience
naissante de l'unité de l'humanité en une volonté
collective capable d'ériger sereinement les structures
nécessaires à une vie communautaire mondiale. A une
époque où il est de plus en plus facile aux peuples du
monde d'avoir accès à une information multiforme et
à une grande diversité d'idées, la justice
s'imposera comme le principe directeur d'une organisation sociale
réussie. Il faudra de plus en plus souvent soumettre le projet
de développement de la planète à
l'éclairage impartial de ses normes....
Le souci de
justice protège la tâche de définir le
progrès de la tentation de sacrifier le bien-être de la
majeure partie de l'humanité - voire de la planète
elle-même - au nom de progrès technologiques dont les
retombées ne bénéficient qu'à des
minorités privilégiées. En matière de
conception et de planification, il empêche que des ressources
limitées ne soient détournées au profit de projets
étrangers aux priorités économiques et sociales
essentielles d'une communauté. Mais surtout, seuls les
programmes de développement susceptibles de satisfaire les
besoins de l'humanité et dont les objectifs sont
considérés justes et équitables auront des chances
de gagner l'adhésion de masses dont dépend leur mise en
oeuvre.
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)
PAUVRETÉ ET RICHESSE
Les
problèmes de nourriture, d'alimentation et d'habitat sont au
centre même du défi qui consiste à assurer un
niveau de vie adéquat à tous les membres de la famille
humaine. Ces problèmes ne peuvent, toutefois, être
abordés uniquement comme des problèmes techniques ou
économiques. L'élimination de la faim et de la
malnutrition, la mise sur pied d'une sécurité
alimentaire, la garantie d'un habitat adéquat, et la
santé pour tous exigeront un changement de valeurs, un
dévouement à l'équité, et une orientation
nouvelle des politiques, des buts et des programmes.
A l'heure
actuelle, nous disposons des technologies et ressources
nécessaires à la satisfaction des besoins
élémentaires de l'humanité, et à
l'élimination de la pauvreté. L'équité dans
l'utilisation de ces technologies et de ces ressources, toutefois, ne
verra le jour qu'après l'accession à une certaine
compréhension et un certain dévouement. Alors que les
individus doivent faire de leur mieux pour subvenir à leurs
besoins et à ceux de leurs familles, la communauté doit
assumer la responsabilité, quand le besoin s'en fait sentir,
d'assurer la satisfaction des besoins fondamentaux. L'accès aux
programmes de développement et à leurs
bénéfices doit être à la portée de
tous. Les mécanismes de la production et de la distribution
alimentaire doivent être orientés différemment, et
le rôle crucial du fermier dans la sécurité
alimentaire et économique reconnu à sa juste valeur.
Quant à la santé - le bien-être physique,
spirituel, social et psychologique de l'individu - l'accès
à une eau potable, un habitat, et une forme quelconque de
combustible bon marché, représenteraient un
progrès immense dans l'éradication des problèmes
qui assaillent de nombreux individus et communautés.
(Communauté Internationale Bahá'íe (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)
Sachez
que la richesse est en vérité une puissante
barrière entre le chercheur et son Désir, entre
l'amoureux et son Bien-Aimé. Les riches, sauf un petit nombre,
ne parviendront par aucun moyen à la cour de sa présence
et n'entreront point dans la cité du contentement et de la
résignation....
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 53)
Ne
sois pas troublé dans la pauvreté ni confiant dans la
richesse, car à la pauvreté succède la richesse,
et après la richesse vient la pauvreté. Toutefois,
être dénué de tout, hormis de Dieu, est un bienfait
merveilleux n'en amoindris pas la valeur car, à la fin, il te
rendra riche en Dieu....
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 51)
Purifie-toi
de la souillure des richesses et, dans une paix parfaite, avance vers
le royaume de la pauvreté, afin que, à la source du
détachement, tu puisses boire à longs traits le vin de la
vie éternelle.
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 55)
Faites
connaître aux riches les plaintes nocturnes du pauvre, de crainte
que leur insouciance ne les conduise dans le chemin de la destruction
et ne les prive de l'arbre de richesse. Donner et se montrer
généreux font partie de mes attributs; heureux celui qui
se pare de mes vertus.
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 49)
Servir
les amis, c'est servir le royaume de Dieu, et être bienveillant
à l'égard des pauvres est l'un des principaux
enseignements divins.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 11, p. 26)
La
richesse est digne des plus grands éloges, si elle est le fruit
des efforts d'un individu et de la grâce de Dieu, dans le
commerce, l'agriculture, l'art et l'industrie, et si elle est
consacrée à des buts philanthropiques. En particulier, si
un individu judicieux et ingénieux devait promouvoir des mesures
qui enrichiraient les masses universellement, il ne pourrait y avoir de
plus grande oeuvre que celle-ci, et elle serait
considérée par Dieu comme l'aboutissement suprême,
puisqu'un tel bienfaiteur pourvoirait aux besoins et assurerait le
confort et le bien-être d'une grande multitude. La richesse est
digne d'éloges, à condition que la population
entière soit riche. Si, toutefois, un petit nombre se
caractérise par une richesse démesurée alors que
le reste de la population se trouve appauvrie, et qu'aucun fruit ou
bénéfice ne provient de cette richesse, alors elle ne
sera jamais qu'un handicap pour son détenteur. Si, d'autre part,
elle est consacrée à la promotion des connaissances,
l'établissement d'écoles primaires et autres lieux
d'enseignement, le développement des arts et des industries, la
formation des orphelins et des pauvres - en bref, si elle est
consacrée au bienfait de la société - son
détenteur apparaîtra devant Dieu et les hommes comme
l'excellence même vivant sur terre, et sera
considéré comme l'un des représentants du paradis.
('Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, p. 44-45)
Aucune
action de l'homme n'est plus grande aux yeux de Dieu que d'aider les
pauvres.... Chacun de vous doit avoir une grande considération
pour les pauvres et leur prêter assistance. Faites un effort pour
les aider et pour prévenir l'accroissement de la
pauvreté. Le plus grand moyen pour la prévenir c'est que
les lois de la communauté soient formulées et
promulguées de telle sorte qu'il ne soit pas possible qu'un
petit nombre soient millionnaires et que beaucoup soient
dépourvus. L'un des enseignements de Bahá'u'lláh
est l'ajustement des moyens d'existence dans la société
humaine. Selon cet ajustement, il ne peut y avoir d'extrêmes dans
les conditions humaines en ce qui concerne la richesse et la
subsistance. Car la communauté a besoin de financiers, de
fermiers, de marchands et de manoeuvres, de même qu'une
armée doit se composer de commandants, d'officiers et de simples
soldats. Tous ne peuvent être commandants, tous ne peuvent
être officiers ou simples soldats. Chacun à son
échelon dans la structure sociale doit être
compétent; chacun dans sa fonction selon sa capacité;
mais chances équitables pour tous.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 51-52)
Bahá'u'lláh
enseigne encore la liberté de l'homme, l'idée que, par le
Pouvoir idéal, il devrait être libre et
émancipé de la captivité du monde de la nature
car, tant que l'homme est prisonnier de la nature il est un animal
féroce, car la lutte pour l'existence est une des exigences du
monde de la nature. Or, ce problème du combat pour l'existence
est la source de toutes les calamités et constitue la
suprême affliction.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 301)
CONTENTEMENT
Le Chercheur... doit se contenter de peu, et ne jamais demander plus qu'il n'a.
(Bahá'u'lláh, Le Livre de la Certitude (Kitáb-i-Iqán) p. 107)
La
vie est si complex présentement, et nous la rendons plus complex
encore de jour en jour. Les besoins de l'humanité semble ne
jamais s'arrêter. Le plus les gens accumulent des biens, le plus
qu'ils désirent. Il n'y a qu'une seule voie de liberté et
c'est en fermant ses yeux et son coeur à tous ces choses qui
sont une distraction pour l'esprit.
(Words
of 'Abdu'l-Bahá, from the Diary of Ahmad Sohrab, September 21,
1913. Star of the West, Vol. 8 (April 9, 1917) no. 2, p. 17. Quoted in The Wisdom of the Master: The Spiritual Teachings of 'Abdu'l-Bahá. Los Angeles, Kalimát Press, 2002) Traduction provisoire
DISTRIBUTION DE LA RICHESSE
Ne passe jamais
les bornes de la modération et traite équitablement ceux
qui te servent. Donne-leur selon leurs besoins, mais jamais dans la
mesure qui leur permettrait d'entasser pour eux-mêmes des
trésors, de parer leurs personnes, d'embellir leurs
intérieurs, d'acquérir ce qui ne leur serait aucunement
profitable et les mettrait seulement au nombre des extravagants. Exerce
envers eux une indéfectible justice, de sorte que nul d'entre
eux ne soit dans le besoin ni ne regorge de richesses. Ce n'est
là que justice manifeste.
Ne permets pas
que des esprits abjects dominent les coeurs nobles et dignes d'honneur,
ne souffre point que de belles âmes soient à la merci
d'êtres vils et méprisables. Or, c'est un tel ordre de
choses, et cela Nous l'attestons, que Nous avons constaté lors
de notre arrivée dans la ville (Constantinople). Nous avons vu,
parmi ses habitants, tels qui possédaient d'immenses fortunes et
vivaient dans une richesse excessive, alors que d'autres souffraient
toutes les abjections de la pauvreté. Cela ne saurait convenir
à ta souveraineté ni être tenu pour digne de ton
rang.
Accueille donc
mes avis et efforce-toi de gouverner avec équité, afin
que Dieu puisse exalter ton nom et répandre au loin dans le
monde la renommée de ta justice. Veille à ne pas agrandir
tes ministres aux dépens de tes sujets. Crains les soupirs du
pauvre et du juste qui, à chaque lever de l'aurore, se lamentent
sur leur triste sort, et sois pour eux un bienveillant souverain. Ils
sont, en vérité, tes trésors sur la terre. Il te
convient donc de mettre tes trésors à l'abri des assauts
de ceux qui voudraient te les dérober. Enquiers-toi de leurs
affaires et inquiète-toi chaque année, chaque mois
même, de leur condition. Ne sois pas de ceux qui négligent
leur devoir.
(Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, MEB, 114, p. 154-155)
Au
nombre des enseignements de Bahá'u'lláh, on trouve le
partage volontaire de ses biens avec d'autres hommes. Ce partage
volontaire est supérieur à l'égalité, et il
consiste en ceci que l'homme ne doit pas se préférer
à autrui mais, plutôt, sacrifier aux autres sa vie et ses
possessions. Ceci ne doit toutefois pas être introduit par voie
coercitive, comme une loi que les hommes seraient contraints de
respecter. Non, l'homme doit, spontanément et de son plein
gré, sacrifier à autrui sa propriété et sa
vie, et contribuer volontairement à aider les indigents, comme
c'est le cas en Perse parmi les bahá'ís.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 301)
...les
enseignements de Bahá'u'lláh préconisent le
partage volontaire, et ceci est bien meilleur que l'égalisation
de la richesse, car l'égalisation doit être imposée
de l'extérieur, alors que le partage est affaire de libre choix.
L'homme atteint
à la perfection par de bonnes actions qu'il accomplit
volontairement, et non par les bonnes actions dont la
réalisation lui a été imposée. Le partage
est un acte de justice que l'on choisit à titre personnel;
autrement dit, les riches devraient accorder leur assistance aux
pauvres, dépenser leur fortune au profit des indigents, mais de
leur plein gré, et non parce qu'ils y ont été
contraints par la force, car la force ne récolte que le trouble
et provoque la ruine de l'ordre social. D'un autre côté,
le partage volontaire, la dépense - librement consentie - de sa
propre richesse, contribue au bien-être et à la paix
sociale, éclaire le monde et prodigue l'honneur à
l'humanité.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 79, p. 114)
La
base fondamentale de la communauté est l'agriculture, le
labourage du sol. Tous doivent être producteurs. Chaque personne
de la communauté dont le revenu est égal à sa
capacité productrice individuelle sera exempte de taxes. Mais si
son revenu est plus grand que ses besoins, elle devra payer une taxe
jusqu'à ce qu'un ajustement soit effectué. Cela veut dire
que la capacité d'un homme à produire et ses besoins
seront égalisés et conciliés par la taxation. Si
sa production est en excès il ne paiera pas de taxes; si ses
besoins excèdent sa production il recevra une valeur suffisante
pour égaliser ou ajuster. En conséquence, la taxation
sera proportionnée à la capacité et à la
production et il n'y aura pas de pauvres dans la communauté.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 53)
Au
tout premier rang se trouve le principe suivant: à tous les
membres de la collectivité seront données les plus
grandes réalisations du monde de l'humanité. Chacun aura
la plus grande prospérité et le plus grand
bien-être. Pour résoudre ce problème nous devons
commencer par le fermier; c'est là que nous poserons la base
d'un système et d'un ordre parce que la classe paysanne et la
classe agricole dépassent les autres classes par l'importance de
leur service. Dans chaque village sera établi un fonds
général qui aura un certain nombre de revenus. Le premier
revenu sera celui du dixième ou de la dîme. Le second
revenu sera tiré des animaux. Le troisième revenu, des
minéraux, c'est-à-dire que pour chaque mine
prospectée ou découverte un tiers ira à ce vaste
fonds. Le quatrième est celui-ci : tout l'héritage de
quiconque meurt sans laisser d'héritiers ira à ce fonds
général. Le cinquième : tout trésor
trouvé sur la terre sera consacré à ce fonds.
Tous ces revenus
seront rassemblés dans ce fonds. En ce qui concerne le premier,
le dixième ou dîme: nous prendrons le cas d'un fermier,
l'un des paysans. Nous nous informerons de ses revenus. Nous verrons
par exemple quel est son revenu annuel et aussi quelles sont ses
dépenses. Maintenant, si son revenu est égal à ses
dépenses, absolument rien ne sera pris à ce fermier.
C'est-à-dire qu'il ne sera soumis à aucune taxation
puisqu'il a besoin de tout son revenu. Un autre fermier peut avoir des
dépenses s'élevant à mille dollars, dirons-nous,
alors que son revenu est de deux mille dollars. De celui-là il
sera exigé un dixième, parce qu'il a un surplus. Mais si
son revenu est de dix mille dollars et ses dépenses de mille
dollars, ou son revenu de vingt mille dollars, il devra payer un quart
comme taxe. Si son revenu est de cent mille dollars et ses
dépenses de cinq mille, il devra payer un tiers parce qu'il a
toujours un surplus puisque ses dépenses sont de cinq mille et
son revenu de cent mille. S'il paie, disons, trente-cinq mille dollars
en plus de la dépense de cinq mille, il lui reste encore
soixante mille. Mais si ses dépenses sont de dix mille et son
revenu de deux cent mille, il devra alors donner une moitié
parce que dans ce cas la somme restante sera de quatre-vingt-dix mille.
Une telle échelle déterminera la part des taxes. Tout
l'impôt sur de tels revenus ira à ce fonds
général.
Il faut alors
prendre en considération des urgences comme celles-ci : un
certain fermier dont les dépenses s'élèvent
à dix mille dollars et dont le revenu n'est que de cinq mille
recevra de ce fonds le montant nécessaire à ses
dépenses. Il lui sera alloué cinq mille dollars pour
qu'il ne soit pas dans le besoin.
Ensuite, on
prendra soin des orphelins dont on assumera toutes les dépenses.
On assumera toutes les dépenses des infirmes du village. On
couvrira les dépenses nécessaires des pauvres du village.
Et l'on devra prendre soin du confort de tous les autres membres qui,
pour des raisons valables, sont frappés d'incapacité: les
aveugles, les vieillards, les sourds. Personne dans le village ne
restera dans le besoin. Tous vivront dans la plus grande
prospérité et le plus grand bien-être. Ainsi, aucun
schisme n'accablera l'ordre général de la
collectivité. Les dépenses et les frais du fonds
général sont maintenant clairs et ses activités
évidentes.
On a
montré le revenu de ce fonds général. Certains
administrateurs seront élus par les habitants d'un village
donné pour surveiller ces transactions. On prendra soin des
fermiers et si, une fois toutes ces dépenses couvertes, l'on
trouve un surplus dans ce fonds il devra être
transféré au trésor national.
Ce
système est ainsi ordonné pour que dans le village les
très pauvres soient à leur aise, les orphelins vivent
bien et heureux; en un mot, aucun ne sera indigent. Tous les membres
individuels de la collectivité vivront ainsi confortablement et
bien.
Naturellement,
pour des villes plus grandes il y aura un système sur une plus
grande échelle. Si j'approfondissais cette solution les
détails en seraient passablement longs.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 56-58)
LE CAPITAL ET L'EMPLOI
La question de
la socialisation est très importante. Elle ne sera pas
résolue par des grèves à cause des salaires. Tous
les gouvernements du monde doivent s'unir et organiser une
assemblée dont les membres seront élus parmi les
parlements et les gens nobles des nations. Ces membres devront faire
des plans avec la plus grande sagesse et la plus grande autorité
afin que les capitalistes ne souffrent pas de pertes énormes et
que les travailleurs ne puissent être dans le besoin. Ils
devraient légiférer avec la plus grande
modération, puis annoncer au public que les droits des
travailleurs doivent être fermement préservés. Les
droits des capitalistes doivent également être
protégés. Lorsqu'un plan général de
cette sorte sera adopté par la volonté des deux
côtés, tous les gouvernements du monde devront, si une
grève survient, y résister collectivement. Autrement, le
problème du travail conduira à une grande destruction,
particulièrement en Europe. De terribles choses se produiront.
Par exemple, les
propriétaires de terres, de mines et d'usines devraient partager
leurs revenus avec leurs employés et donner un certain
pourcentage juste de leurs profits à leurs ouvriers afin que les
employés puissent recevoir, en dehors de leur salaire, une
partie du revenu général de l'usine pour que
l'employé puisse mettre toute son âme dans son travail.
Dans l'avenir,
il ne restera plus de trusts. La question des trusts disparaîtra
complètement. De plus, chaque usine qui a dix mille actions en
donnera deux mille à ses employés et les mettra à
leur nom afin qu'ils puissent les avoir, et le reste appartiendra aux
capitalistes. Ensuite, à la fin du mois ou de l'année,
tout ce qu'ils pourront gagner une fois les dépenses et les
salaires payés devra être partagé entre les deux
selon le nombre d'actions. En réalité, il a
été fait jusqu'à présent une grande
injustice à la masse, Des lois doivent être faites, car il
n'est pas possible que les travailleurs soient satisfaits du
système actuel. Ils feront la grève chaque mois et chaque
année. Finalement, les capitalistes perdront.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 61)
LE TRAVAIL
Vous êtes
les arbres de mon jardin; vous devez produire des fruits merveilleux et
de bel aspect, dont vous-mêmes et d'autres profiteront. Il
appartient donc à chacun d'exercer un metier ou une profession,
car c'est là le secret de la richesse, ô hommes
d'intelligence. En effet, les résultats dépendent des
moyens et la grâce de Dieu vous suffira amplement. Les arbres qui
ne donnent pas de fruits ont été et seront toujours bons
à mettre au feu.
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 80)
Les
hommes les meilleurs sont ceux qui gagnent leur vie dans leur
métier et, pour l'amour de Dieu, le Seigneur de tous les mondes,
dépensent leur argent pour eux-mêmes et pour leurs
semblables. (Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 82)
Ô
peuple de Bahá ! Il incombe à chacun de vous de se livrer
à une occupation telle que l'artisanat, le commerce ou toute
autre activité. Nous avons élevé votre engagement
dans un tel travail au rang de l'adoration du seul vrai Dieu.... Ne
gaspillez pas vos heures dans l'oisiveté et la paresse, mais
consacrez-vous à ce qui vous profitera, à vous et aux
autres.... Aux yeux de Dieu, les hommes les plus méprisables
sont ceux qui s'asseyent et mendient. Tenez-vous fermement à la
corde des ressources et placez votre confiance en Dieu, Celui qui
pourvoit à tout.
(Bahá'u'lláh, Kitáb-i-Aqdas, para. 33, p. 31)
Kitáb-i-Aqdas, note 56. ... se livrer à une occupation... para. 33
Il est
obligatoire pour les hommes et les femmes de se livrer au commerce ou
de s'engager dans une profession. Bahá'u'lláh
élève "l'engagement dans un travail" au "rang
d'adoration" de Dieu. La signification spirituelle et pratique de cette
loi, et la responsabilité mutuelle de l'individu et de la
société quant à sa réalisation, sont
expliquées dans une lettre écrite de la part de Shoghi
Effendi :
En ce qui
concerne le commandement de Bahá'u'lláh relatif à
l'engagement des croyants dans quelque profession que ce soit : les
enseignements à ce sujet sont très catégoriques,
tout particulièrement la déclaration dans l'Aqdas, qui
explique clairement que les désoeuvrés qui n'ont aucun
désir de travailler, ne peuvent avoir de place dans le nouvel
ordre mondial. En corollaire à ce principe,
Bahá'u'lláh déclare plus loin, que la
mendicité devrait, non seulement être
découragée, mais entièrement
éradiquée de la société. Il est du devoir
de ceux qui ont la charge de l'organisation de la
société, de donner à chaque individu
l'opportunité d'acquérir le talent nécessaire
à l'exercice d'une profession, quelle qu'elle soit, ainsi que
les moyens d'utiliser ce talent, tant pour son bien que pour gagner sa
vie. Chaque individu, aussi handicapé ou limité qu'il
puisse être, est dans l'obligation de s'engager dans une
quelconque profession car le travail, surtout quand il est accompli
dans un esprit de service est, selon Bahá'u'lláh, une
forme d'adoration. Il n'a pas seulement un but utilitaire mais il est
une valeur en soi, car il nous rapproche de Dieu et nous permet de
mieux saisir son dessein pour nous ici-bas. Il est évident, de
ce fait, que l'héritage de richesses ne peut dispenser quiconque
du travail quotidien".
Dans une de ses
tablettes, Abdu'l-Bahá déclare que "si une personne est
incapable de gagner sa vie, qu'elle est frappée d'une
extrême pauvreté ou se trouve sans ressources, alors il
incombe aux riches ou aux mandataires de lui fournir une allocation
mensuelle destinée à sa subsistance... Par "mandataires"
il faut entendre les représentants du peuple,
c'est-à-dire les membres de la maison de justice".
En
réponse à une question demandant si l'injonction de
Bahá'u'lláh exigeait qu'une épouse et mère
travaille aussi, comme son mari, pour gagner sa vie, la Maison
Universelle de Justice a expliqué que la directive de
Bahá'u'lláh s'adressait aux amis pour qu'ils se livrent
à une occupation qui sera profitable à eux-mêmes et
aux autres, et que vaquer aux soins du ménage était un
travail hautement honorable, une tâche à grande
responsabilité et d'une importance fondamentale pour la
société.
En ce qui
concerne la retraite des personnes qui ont atteint un certain
âge, Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part,
déclara : "... c'est là une question sur laquelle la
Maison Internationale de Justice devra légiférer, car il
n'y a aucune disposition à ce sujet dans l'Aqdas".
(Kitáb-i-Aqdas, note 56 à para. 33)
CONSTRUIRE UN NOUVEL ORDRE MONDIAL
Tous les hommes
ont été créés pour travailler à
l'établissement et à l'amélioration croissante de
la civilisation.
(Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, CIX, p. 198)
Il
est certain que des entreprises importantes ne peuvent être
menées dans la hâte à une heureuse conclusion;
qu'en de telles circonstances la précipitation ne produirait que
le gâchis. ...le monde politique ne peut évoluer
instantanément du nadir de l'imperfection au zénith de la
justice et de la perfection. Et qui plus est, les individus
qualifiés doivent oeuvrer jour et nuit, usant de tous les moyens
conduisant au progrès, jusqu'à ce que gouvernement et
peuple se développent sous tous les rapports, jour après
jour, et même d'un instant à l'autre.... Il en ira de
même quand les pures intentions et la justice des gouvernants, la
sagesse, l'adresse consommée et la diplomatie des
autorités se combineront avec la détermination et les
efforts incessants du peuple; alors, jour après jour, se
manifesteront clairement les effets du progrès, des
réformes de grande envergure, de la fierté et de la
prospérité tant du gouvernement que du peuple.
('Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, p. 135-136)
L'unité
de la race humaine telle que la conçoit
Bahá'u'lláh implique l'établissement d'une
communauté universelle où toutes les nations, races,
classes et croyances seront étroitement et définitivement
unies, où l'autonomie des États-membres et la
liberté personnelle, ainsi que l'initiative des individus seront
définitivement et intégralement
sauvegardées. Cette communauté, pour autant que
nous puissions l'imaginer, comportera une législature
universelle dont les membres, en tant que représentants de la
race humaine, auront le contrôle suprême de toutes les
ressources des nations qui la composeront, et édicteront les
lois nécessaires pour régler la vie de tous les peuples
et de toutes les races, pour répondre à leurs besoins et
harmoniser leurs relations....
Les ressources
économiques du monde seront organisées, toutes les
sources de matières premières seront exploitées
à plein rendement, tous les marchés coordonnés et
développés, et la distribution des produits
équitablement réglée....
Un
système de fédération universelle qui
régira la terre entière et exercera sur ses ressources,
d'une ampleur inimaginable, une autorité à l'abri de
toute discussion; un système qui... tendra à
l'exploitation de toutes les sources d'énergie disponibles
à la surface de la planète..., tel est le but vers lequel
les forces unifiantes de la vie poussent l'humanité.
(Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 197-199)
L'UNITÉ
L'acceptation de
l'unité de la race humaine est la condition fondamentale de la
réorganisation et de l'administration du monde
considéré comme un seul pays, le foyer de
l'humanité.
(Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale, III)
...tous
les membres de la famille humaine - qu'il s'agisse de peuples ou de
gouvernements, de villes ou de villages- sont toujours plus
dépendants les uns des autres. L'autarcie n'est plus possible
pour quiconque, dans la mesure où des liens politiques unissent
tous les peuples et les nations et où les relations
commerciales, industrielles, agricoles et pédagogiques
s'intensifient jour après jour. L'unité de toute
l'humanité peut donc aujourd'hui être
réalisée.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 15, p. 31)
Le
principe de base d'une stratégie qui engage la population
mondiale à assumer la responsabilité de son destin
collectif doit se fonder sur la conscience de l'unité du genre
humain. D'une simplicité trompeuse lorsqu'énoncé
en termes généraux, le concept de l'humanité
formant un seul peuple exprime une remise en cause fondamentale de la
manière dont la plupart des institutions de la
société contemporaine fonction- nent. Que ce soit sous la
forme de la compétition pour l'accession au pouvoir dans les
institutions publiques, du principe de l'assistanat dans la plaidoirie
qui inspire presque l'ensemble du droit civil, de l'apologie de la
lutte des classes et des autres groupes sociaux, ou encore de l'esprit
de concurrence qui domine tant d'aspects de la vie moderne, la relation
conflictuelle est partout acceptée comme le mobile principal des
relations humaines. Or le conflit n'est, entre autres, que
l'expression, dans l'organisation sociale, d'une interprétation
matérialiste de la vie qui s'est progressivement imposée
ces deux derniers siècles....
Poser les bases
d'une civilisation mondiale revient à créer des lois et
des institutions de nature et de portée universelles. L'effort
ne pourra être amorcé que lorsque le concept de
l'unité de l'humanité aura été
accepté sans réserves par ceux qui ont la
responsabilité de prendre des décisions et lorsque les
principes qui en découlent seront propagés par les
systèmes d'éducation et par les moyens de communication.
Une fois ce seuil franchi, le mouvement ainsi déclenché
poussera les peuples de la terre à formuler des objectifs
communs et à s'engager à les atteindre. De plus, seul un
changement de cap aussi radical pourra les protéger des vieux
démons des luttes ethniques et religieuses. Ce n'est en effet
qu'en prenant conscience qu'ils ne forment qu'un seul peuple que les
habitants de cette planète seront en mesure de se
détourner des schémas conflictuels qui ont dominé
l'organisation sociale du passé, et qu'ils commenceront à
emprunter les voies de la collaboration et de la réconciliation.
"Le bien-être de l'humanité, sa paix et sa
sécurité ne pourront être obtenus", affirme
Bahá'u'lláh, "tant que son unité n'est fermement
établie".
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)
LA PLACE DE L'HUMANITÉ DANS LE MONDE NATUREL
L'homme est
doté d'une réalité extérieure ou
physique.... Comme les animaux, le corps humain est soumis aux lois de
la nature. Mais l'homme est doté d'une deuxième
réalité, la réalité rationnelle ou
intellectuelle; et la réalité intellectuelle de l'homme
prédomine la nature....
Cependant, il y
a dans l'homme une troisième réalité, la
réalité spirituelle.... Cette réalité
spirituelle... délivre l'homme du monde matériel.
Par son pouvoir l'homme échappe au monde de la nature.
Libéré, il trouvera une réalité qui
illumine, transcendant la réalité limitée de
l'homme et lui permettant d'atteindre l'infinité de Dieu, le
soustrayant au monde des superstitions et des imaginations, et le
plongeant dans l'océan des rayons du Soleil de
Réalité.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 72)
Dieu
a doué l'homme d'une puissance si merveilleuse qu'il est capable
de guider, maîtriser et contrôler la nature.
('Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 3e ed., p. 104)
...l'homme...
devrait être libre et émancipé de la
captivité du monde de la nature car, tant que l'homme est
prisonnier de la nature il est un animal féroce, car la lutte
pour l'existence est une des exigences du monde de la nature.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 301)
LA CIVILISATION MATERIELLE
La civilisation,
tant vantée par les représentants les plus
qualifiés des arts et des sciences, apportera de grands maux
à l'humanité, si on lui laisse franchir les limites de la
modération.... La civilisation, d'où découle
tant de bien lorsqu'elle reste modérée, deviendra, si
elle est portée à l'excès, une source aussi
abondante de mal.... Le jour approche où elle
dévorera de ses flammes toutes les cités du monde....
(Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, 163, p. 225, et Foi Mondiale Bahá'íe, p. 328-329)
Des
choses étranges et étonnantes existent sur la terre, mais
elles sont cachées à l'esprit et à la
compréhension des hommes. Ces choses sont capables de changer
toute l'atmosphère terrestre et leur contamination pourrait
s'avérer mortelle.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 72)
La
culture de consommation, héritière par défaut de
l'évangile matérialiste de l'amélioration humaine,
ne s'embarrasse pas de la nature éphémère des buts
qui l'inspirent. Pour la minorité qui peut se l'offrir, les
avantages recueillis sont immédiats et la raison n'est pas un
argument. Enhardie par la faillite de la morale traditionelle,
l'avancée du nouveau credo n'est en fait rien de plus que le
triomphe d'une impulsion animale, aussi instinctive et aveugle que
l'appétit, libérée finalement du frein des
sanctions supranaturelles. Des tendances fustigées
universellement dans le passé comme défauts moraux sont
devenues des nécessités du progrès social.
L'égoïsme devient une ressource commerciale
appréciée ; le mensonge s'invente un habit d'information
publique ; des perversions de toutes sortes revendiquent sans vergogne
le statut de droits civils. Sous des euphémismes
appropriés, l'avidité, la luxure, la paresse, l'orgueil
– la violence même – sont largement acceptés,
et acquièrent de plus une valeur sociale et économique.
(Communauté internationale baha'ie, Une seule et même Foi, p. 7)
Autre
défi pour la pensée économique : la crise de
l'environnement. Il est aujourd'hui, froidement démontré
que les théories fondées sur la croyance que la nature
possède une capacité illimitée à
répondre à toutes les exigences humaines sont
fallacieuses. Une culture qui attache une valeur absolue à
l'expansion, à l'acquisition et à la satisfaction des
besoins se voit confrontée à une évidence : de
tels buts ne suffisent pas, en soi, à déterminer une
politique cohérente. D'autre part, toute prise de
décision pour tenter de résoudre les questions
économiques qui ne tiendrait pas compte du fait que la plupart
des problèmes importants sont plus mondiaux que locaux, serait
tout à fait inadéquate.
L'espoir fervent
que cette crise morale pourra être résolue, d'une
manière ou d'une autre, en déifiant la nature
elle-même, n'est qu'un signe évident du désespoir
intellectuel et spirituel engendré par la crise. Même si
elle est bienvenue, la reconnaissance que la création est un
tout organique et que l'humanité a le devoir d'en prendre soin
ne suffit pas à influencer la conscience des peuples au point de
créer un nouveau système de valeurs. C'est seulement en
franchissant un seuil décisif dans la compréhension,
à la fois scientifique et spirituelle, que l'espèce
humaine aura la force d'assumer les responsabilités que
l'histoire lui impose.
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)
Toutefois,
tant que les réalisations matérielles et les vertus
humaines ne seront pas renforcées par des perfections d'ordre
spirituel, par des qualités lumineuses et par des
caractéristiques de la miséricorde, ces
réalisations et ces vertus demeureront stériles, et le
bonheur du monde de l'humanité - ce but ultime - ne sera pas
atteint. Car même si les réalisations matérielles
et le développement du monde physique apportent la
prospérité qui révèle de façon
exquise les buts auxquels elle tend, la menace du danger, de cruelles
calamités et de violentes afflictions n'en demeure pas moins
présente.... Progrès et barbarisme vont de pair, tant que
la civilisation matérielle n'est pas confirmée par la
direction divine... tant qu'elle n'est pas renforcée par la
conduite spirituelle...
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 225, p. 282)
Une
telle vie chaste et sainte... n'implique rien de moins que l'exercice
de la modération dans tout ce qui se rapporte aux habits, au
langage, aux distractions et à toute occupation artistique et
littéraire.... Elle réclame l'abandon d'une conduite
frivole avec son attachement excessif aux plaisirs futiles et souvent
mal dirigés.... Elle ne peut consentir aucun compromis envers
les théories, les standards, les habitudes et les excès
d'un âge décadent.
(Shoghi Effendi, L'Avènement de la Justice Divine, p. 43)
La
loyauté est le plus grand portail menant à la
quiétude et à la sécurité des peuples. En
vérité c'est d'elle qu'a dépendu et que
dépend la stabilité de chaque chose.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 37)
CONNAISSANCE ET SCIENCE
La
troisième Tajallí concerne les arts, les métiers
et les sciences. La connaissance est comme des ailes pour la vie de
l'homme et une échelle pour son ascension. Il incombe à
chacun de l'acquérir. Néanmoins, il faudrait
acquérir la connaissance des sciences qui sont profitables aux
peuples de la terre, mais non de celles qui commencent par des mots et
finissent par des mots. Grand en effet est le droit des hommes de
science et des artisans sur les peuples du monde.... En
vérité, la connaissance est un véritable
trésor pour l'homme et une source de gloire, de bonté, de
joie, d'exaltation, de courage et de bonheur pour lui.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 53-54)
La
réalité est une, et lorsque la vérité est
recherchée et vérifiée, elle conduira au
progrès individuel et collectif. Dans la recherche de la
vérité, la science et la religion - les deux
systèmes de connaissances à la portée de
l'humanité - doivent avoir une influence réciproque,
proche et continuelle. La perspicacité et les compétences
que représentent les aboutissements scientifiques doivent se
tourner vers la puissance des responsabilités spirituelles et
des principes moraux, afin d'assurer leur application correcte.
(Communauté Internationale Bahá'íe (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)
La
constitution d'une société globale requiert le
développement d'aptitudes se situant bien au-delà du
champ des possibilités actuelles de l'espèce humaine. Les
défis futurs exigent un accroissement énorme de
l'accès aux connaissances aussi bien de la part des individus
que des organisations. L'éducation universelle sera un agent
indispensable à l'élaboration de ces aptitudes, mais un
effort ne porte ses fruits qu'à la condition expresse que les