Bahá’u’lláh appela son fils « Le Mystère de Dieu », à cause de sa position très spéciale. Bien qu’‘Abdu’l-Bahá n’était pas un messager de Dieu, il était l’exemple parfait de sa Foi. En étudiant sa vie remplie d’altruisme, de sacrifice, d’amour et d’obéissance, il est possible d’apprendre comment mettre en pratique les enseignements de Bahá’u’lláh au quotidien.
‘Abdu’l-Bahá naquit le 23 mai 1844, la nuit même de la déclaration du Báb, (messager de Dieu et précurseur de Bahá’u’lláh). ‘Abdu’l-Bahá partagea dans une joie radieuse l’exil et l’emprisonnement de Bahá’u’lláh depuis l’âge de huit ans lorsque son père fût éxilé à Baghdád, jusqu’à son relâchement, en 1908, à Akká à l’âge de 64 ans. Il se conduisait envers tous ceux qui étaient autour de lui - riches et pauvres, érudits et illettrés, admirateurs et ennemis - avec un grand amour, regardant toujours les bonnes qualités des gens et ignorant les mauvaises.
Pendant de longues années, ‘Abdu’l-Bahá s’employa à élucider les enseignements et à montrer leurs applications aux problèmes les plus variés de la vie moderne. Les divergences d’opinion qui se sont élevées entre les croyants lui ont été soumises et il les a résolues avec autorité. Lorsque sa vie était menacé à cause des ennemis de la Foi, ‘Abdu’l-Bahá n’y prêtait guère attention. Lorsqu’il n’écrivait pas, ‘Abdu’l-Bahá rendait visite aux malades et distribuait lui-même ses aumônes aux pauvres. Malgré ses faibles moyens, il donnait généreusement aux autres et personne ne quittait jamais la porte de sa maison en étant déçu.
Après le décès de Bahá'u'lláh en 1892, 'Abdu'l-Bahá assuma les fonctions, explicitement désignées par son père, de chef de la cause et d'interprète autorisé des enseignements bahá'ís. Une révolution éclata en Turquie, en 1908 ; tous les prisonniers religieux et politiques de l'Empire ottoman furent libérés. Après sa libération, ‘Abdu’l-Bahá voyagea en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord pour répandre le message de son père. Il y rencontra aussi bien les grands leaders de la pensée que les humbles chercheurs, démontrant à tous et à chacun, tant par ses actes que par ses paroles, la signification de la foi bahá’íe.
Lentement il accomplit la tâche la plus énorme de toutes : l’édification de l’ordre administratif qui continuerait le travail après sa mort, ainsi que l’avait prédit et planifié Bahá’u’lláh. Sous sa direction, le message de Bahá’u’lláh fut apporté à des centaines de villes, d’îles et de pays partout dans le monde. Pendant le ministère de Shoghi Effendi, la foi bahá íe est véritablement devenue une religion mondiale. Lorsque ‘Abdu’l-Bahá est décédé en 1921, il y avait 100 000 bahá’ís. La plupart d’entre eux vivaient en Iran ou dans d’autres pays du Moyen-Orient. Une poignée de disciples vivaient en Inde, en Europe et en Amérique du nord - 35 pays en tout. Trente-six ans plus tard, au moment du décès de Shoghi Effendi, le nombre de bahá’ís était passé à 400 000 environ résidant dans plus de 250 pays, territoires ou colonies. Au moment de son décès, la foi bahá’íe avait une base suffisante de conseils nationaux et locaux (appelés des assemblées spirituelles) pour permettre l’élection de la Maison Universelle de Justice, autorité législative prévue par Bahá’u’lláh.
Pendant les trente-six années qui suivirent, jusqu’à sa mort en 1957, le Gardien guida le développement de la Cause. Il traduisit en anglais plusieurs des écrits du Báb, de Bahá’u’lláh, et d’‘Abdu’l- Bahá, et surveilla la construction des édifices et des jardins du Centre mondial bahá’í à Haïfa, en Israël où sont maintenant enterrés les trois figures centrales de la Foi (le Báb, Bahá’u’lláh et ‘Abdu’l-Bahá).
Pour les bahá’ís, l’élection tant attendue de la première Maison Universelle de Justice, le 21 avril 1963, représentait un événement capital. En tant qu’institution suprême de la foi bahá’íe, la Maison Universelle de Justice, composée de neuf membres, a pris en main la croissance et le développement de la communauté mondiale bahá’íe. De 400 000 membres dans 11 000 localités, organisée en 56 communautés nationales et régionales, elle est devenue, en 1992, une communauté de 5 000 000 bahá’ís résidant dans plus de 116 000 localités aux sein de 165 communautés nationales.