« À mes yeux, ce que j’aime par-dessus tout c'est la justice ; ne t’en écarte pas si c’est moi que tu désires », a écrit Bahá’u’lláh dans « Les Paroles cachées ».1 Est-il juste que certaines personnes soient excessivement riches alors que d’autres sont affamées ? Est-il juste que certains n’ont jamais eu besoin de travailler, alors que d’autres n’ont ni abri, ni occupation ? ‘Abdu’l-Bahá a comparé cette situation à une famille dont un membre est soumis à la plus grande misère et à la pauvreté abjecte tandis que le reste de la famille vit dans le plus grand confort.
Les problèmes économiques du monde se rapportent aux principes de la justice et de l’unité du genre humain. La solution à ces problèmes est spirituelle. Comme Bahá’u’lláh l’a enseigné, les hommes doivent apprendre à considérer tous les êtres humains comme les membres de leur famille. Ils doivent avoir soif de justice et doivent la mettre en pratique dans leur vie personelle, professionelle et communautaire. Ils doivent apprendre à considérer le travail sous un nouvel aspect : « Nous avons, avec bienveillance, élevé votre travail au rang d’adoration de Dieu, le Véritable. Méditez dans vos coeurs la grâce et les bénédictions de Dieu, et soyez reconnaissants envers Lui le soir et au lever du jour. Ne perdez pas votre temps dans la paresse et l’oisiveté. Occupez-vous de tout ce qui est bénéfique à vous et aux autres [...] Les plus méprisés aux yeux de Dieu sont ceux qui restent assis sans rien faire et qui mendient. Attachez- vous fermement à la corde qui vous lie aux moyens d’existence et placez toute votre confiance en Dieu, celui qui pourvoit à toutes choses. »2
Bahá’u’lláh a dit que tous doivent recevoir une éducation et avoir la possibilité de développer leurs capacités et leurs talents. Chacun doit s’adonner à une occupation « qui permettra à chaque membre de la communauté de subvenir à ses propres besoins. Le travail effectué dans un esprit de service est la forme la plus élevée de l’adoration. »3 Il enseigne aussi que les droits des travailleurs et des administrateurs, ou propriétaires, doivent être protégés. Appuyés par leurs nouveaux sentiments concernant le but du travail, la justice et l’unité du genre humain, les travailleurs et les administrateurs seront en meilleure position pour consulter ensemble à propos des problèmes et pour résoudre les difficultés sans avoir recours à des grèves. Les deux groupes chercheront la solution juste. Ainsi les travailleurs et les directeurs voudront coopérer dans l’opération de l’entreprise puisque les deux groupes bénéficieront de son bon fonctionnement. En plus de leur salaire, Bahá’u’lláh dit que les travailleurs doivent recevoir une part des bénéfices de l’entreprise. Le système de participation aux bénéfices est une manière d’éliminer les extrêmes de richesse et de pauvreté. Une autre manière consiste en l’adoption du système d’impôts progressifs sur le revenu. Ceux qui ne peuvent gagner assez pour se procurer les besoins essentiels de la vie reçoivent de l’assistance ; et il en sera ainsi pour les orphelins, les handicapés, et les personnes âgées. Ainsi, tous auront une vie confortable.
Il y aura toujours des individus qui travailleront plus fort que d’autres et certains qui gagneront plus d’argent que d’autres. Il n’y a, bien sûr, rien de mal dans la richesse. L’égalité économique absolue est impossible et à ce sujet ‘Abdu’l-Bahá a dit : « si son existence était possible, l’ordre entier du monde serait détruit ». « Il est des êtres très intelligents, d’autres pourvus d’une intélligence ordinaire, et d’autres encore dépourvus d’intellect. Entre ces trois catégories de personnes, il y a de l’ordre mais pas d’égalité. » « La hiérarchie est absolument nécessaire pour assurer une organisation méthodique. Une armée ne pourrait se composer seulement de généraux, ou de capitaines, ou seulement de soldats sans une autorité à leur tête. Il en résulterait, à coup sûr, le désordre et la démoralisation pour toute l’armée. »4
Dans « La Promesse de la paix mondiale », la Maison Universelle de Justice affirme que : « Chaque problème social peut être résolu à l’aide de principes spirituels ou de ce que certains appellent des valeurs humaines. De manière générale, tout groupe bien intentionné peut trouver des solutions pratiques à ses problèmes, mais bonnes intentions et connaissances pratiques ne suffisent généralement pas. Le mérite essentiel du principe spirituel consiste non seulement à présenter une perspective concordant avec ce qui est immanent à la nature humaine, mais aussi à stimuler une attitude, une dynamique, une volonté, une aspiration qui permettent la découverte et la mise en oeuvre de mesures pratiques. » La solution n’est pas simplement l’imposition de nouvelles lois ; les lois doivent refléter ce qui est dans les coeurs des êtres humains. Lorsque toutes les nations croiront que « la terre n’est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens », il y aura une nouvelle attitude de cooperation, de justice et de bonté à l’égard de tous les peuples.
1. Les Paroles cachées, Bahá’u’lláh, Bruxelles, Maison d’édition bahá’íe de Belgique, 1988, p. 9. 2. La Femme (compilation), Bruxelles, Maison d’édition bahá’íe de Belgique, 1986, p. 41. 3. Idem, p. 28. 4. Causeries d’‘Abdu’l-Bahá à Paris, Bruxelles, Maison d’édition bahá’íe de Belgique, 1971, p. 133-134.