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LES MESSAGERS DE DIEU

Bahá’u’lláh a écrit que « la porte de la connaissance de l’Éternel a toujours été et restera à jamais fermée à la face des hommes. Aucune intelligence humaine n’accédera jamais en sa sainte cour. Toutefois, en gage de sa miséricorde et en signe de sa tendre bonté, Il a manifesté aux hommes les Étoiles du matin de sa direction divine, les symboles de sa divine unité, et Il a voulu que la science de ces êtres sanctifiés soit identique à sa propre science. Qui les reconnaît a reconnu Dieu. Qui écoute leur voix, écoute la voix même de Dieu, et qui atteste la vérité de leur révélation, atteste la vérité de Dieu Lui-même. De même, quiconque se détourne d’eux s’est détourné de Dieu... »1

Chaque messager de Dieu, (appelés les « manifestations de Dieu » dans les écrits saints bahá’ís), est, « le véhicule pour la transmission de la grâce de Dieu Lui-même [...] Par les enseignements de cette Étoile du matin de la vérité, tout homme progressera et se développera jusqu’à ce stade où il pourra manifester tout le potentiel des forces dont son être intime et essentiel a été doté. » Les énergies dont Dieu a doté l’homme ne sont en lui que latentes, comme les rayons de la lumière sont en puissance dans la lampe. « L’éclat de ces énergies peut être obscurci par les désirs d’ordre terrestre comme la lumière du soleil peut être cachée sous la poussière et les impuretés qui recouvrent le miroir. Ni la lampe ni la bougie ne peuvent s’allumer d’elles-mêmes, et le miroir ne saurait davantage, par ses propres moyens, se débarrasser de ses souillures. »2

La mission de chaque manifestation de Dieu est de débarrasser les coeurs des impuretés dues aux soucis et aux limitations de la terre, et de mener l’homme à Dieu. Elles sont guidées par l’infaillible direction de Dieu. Mais à mesure que l’homme s’écarte du sentier de leur Maître idéal et se détourne de la lumière de Dieu, à mesure qu’il corrompt le principe de l’unité divine et qu’il concentre davantage son attention sur ceux qui ne sont que les interprètes de sa parole, sa force peu à peu se change en faiblesse. Pour cette raison, « une mesure nouvelle de la lumière de Dieu est nécessaire à chaque âge. Et chaque révélation divine a été dispensée et dosée dans les conditions qui convenaient le mieux à l’âge où elle apparaissait. »3

Le retour

L’apparition d’une manifestation de Dieu peut être comparée au lever du soleil : dans un sens, c’est le même soleil qu’hier ; dans un autre sens, ce jour-ci n’est comme aucun autre. Bahá’u’lláh a dit : « Il y a deux façons de considérer les manifestations de Dieu. La première consiste à envisager leur condition abstraite, pure, la condition de l’unité incomparable [...] En conséquence, si quelqu’une de ces essences de l’existence [...] proclame, ‘Je suis le retour de tous les prophètes’ , elle dirait sans aucun doute la vérité. » Bahá’u’lláh a aussi expliqué que, « L’autre aspect du prophète est celui de sa condition particulière. [...] À cet égard, chaque manifestation de Dieu a une individualité distincte, une mission définie avec précision, une révélation spécialement prédestinée et des limites qui lui sont propres. »4

La nature de la manifestation de Dieu

« À cet être subtil, éthéré et mystérieux, Il a assigné une double nature : l’une, physique, appartenant au monde de la matière, l’autre, spirituelle, qui est née de Dieu Lui-même. Il lui a de plus conféré un double rang. Le premier rang, qui se relie à sa réalité la plus profonde, le représente comme celui dont la voix est la voix de Dieu Lui-même ; et c’est ce que la tradition atteste par ces Paroles : ‘Multiples et mystérieuse est ma relation avec Dieu. Je suis Lui, Lui-même, et Il est moi, moi-même ; à part cela, je suis ce que je suis et Il est ce qu’Il est.’ [...] Le second rang, [...] est d’ordre humain : ‘Je ne suis qu’un homme comme vous’. »5

Pour cette raison, le Christ a dit : « Qui croit en moi, ne croit pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé. Qui me voit, voit aussi celui qui m’a envoyé. Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi, ne demeure pas dans les ténèbres. »6 Bahá’u’lláh aussi a témoigné de ce mystère : « Sachez, en vérité, que toutes les fois que cet Adolescent tourne les yeux vers Lui-même, il se juge l’être le plus insignifiant de toute la création. Mais lorsqu’il contemple le resplendissant éclat qu’il a reçu le pouvoir de manifester, sa propre personne se transfigure à ses yeux en une souveraine puissance imprégnant l’essence de toutes choses, tant visibles qu’invisibles. Gloire à celui qui, par le pouvoir de la vérité, a envoyé la manifestation de sa propre personne, et l’a chargée de porter son message à toute l’humanité. »7

1. Extraits des Écrits de Bahá’u’lláh, Bruxelles, Maison d’édition bahá’íe de Belgique, 1979, p. 34-35, XXI. 
2. Idem, p. 45, XXVII. 
3. Idem, p. 55, XXXIV. 
4. Idem, p. 35-36, XXII. 
5. Idem, p. 45-46, XXVII. 
6. Nouveau Testament, Jean 12 : 44-46. 
7. Extraits des Écrits de Bahá’u’lláh, Ibid., p.68, XLIX.