Une des propositions de Bahá’u’lláh en vue de l’établisssement de la paix universelle est l’adoption d’une langue auxiliaire universelle. Dans ce contexte, chacun n’aura besoin que de connaître deux langues : sa langue maternelle et la langue auxiliaire. Bahá’u’lláh en fait mention dans le Kitáb-i-Aqdas et dans nombre de ses tablettes. Ainsi dans la « Tablette d’Ishráqát », il dit : « La sixième Ishráq (splendeur) est l’union et l’harmonie entre les êtres : c’est toujours grâce au radieux pouvoir de la concorde que les horizons du monde ont été illuminés. Le moyen le plus puissant pour parvenir à l’entente est la connaissance de l’écriture et du langage des divers peuples. Déjà, dans les tablettes antérieures, il a été ordonné que les membres de la Maison Universelle de Justice choisissent une des langues connues ou un langage nouveau et qu’ils adoptent de même une écriture universelle pour les enseigner aux enfants de toutes les écoles du globe ; ainsi, le monde ne formera lus qu’une seule patrie, un seul foyer. »
Lors d’un banquet espérantiste qui eut lieu à Paris en février 1913, ‘Abdu’l-Bahá prononça les paroles suivantes : « Sa Sainteté Bahá’u’lláh prévoyait une langue universelle il y a plus de quarante ans. Il disait que tant qu’une langue internationale ne serait pas adoptée, l’union complète entre les diverses parties du monde ne saurait se réaliser, car les malentendus empêchent les hommes de s’associer. Seule une langue auxiliaire universelle pourra les écarter. [...] Le meilleur moyen d’unir l’Occident et l’Orient est de créer une langue commune. C’est elle qui fera du monde entier un seul tout ; elle sera le plus puissant facteur de progrès humain, faisant flotter l’étendard de l’unité partout dans les monde, fondant l’univers en une communauté de peuples, unissant les enfants des hommes par des liens d’amour, en un mot, instaurant la fraternité entre les diverses races. Louons Dieu pour cette invention du Dr Zamenhof : l’esperanto. Cette langue possède en puissance toutes les qualités pour devenir un moyen de communication internationale entre les peuples. Nous devons tous être reconnaissants à Zamenhof pour son noble effort : il a bien servi l’humanité. »1
Bien que ces allusions à l’esperanto soient caractéristiques et encourageantes, il n’en reste pas moins vrai qu’aussi longtemps que la Maison Universelle de Justice ne se sera pas prononcée à ce sujet, et selon les instructions de Bahá’u’lláh, la Foi bahá’íe n’est nullement engagée vis-à-vis de l’esperanto ni d’aucune langue, vivante ou autre.
Quelle sera la langue adoptée ? Sera-t-elle créée ou choisie parmi celles qui existent ? C’est une décision que les nations auront à prendre.
1. J. E. Esslemont, « Bahá’u’lláh et l’Ère nouvelle », Bruxelles, Maison d’édition bahá’íe de Belgique, 1972, p. 207-210.